Espaces de travail

Thurne cosmique

Historique

Thurne cosmique est un groupe né en 1995 à l'École Normale Supérieure. Stéphane Aicardi (guitare) et Georges Racinet (basse) ont depuis longtemps le projet de jouer ensemble. Le premier fait découvrir au second des pans entiers de la musique des années 70. Parallèlement, Dup, polyinstrumentiste et théoricien de la musique classique, explore les sonorités du saxophone ténor et enregistre des musiques de scène pour le théâtre des élèves avec Georges Racinet. Le projet se cristallise lorsqu'un morceau prévu pour Roberto Zucco (Koltès) est repris pour lui-même avec Stéphane et considérablement étendu. Ce sera Très haut dans le cosmos. L'acte de naissance est signé lorsque Xavier Grosmaitre se joint au groupe. La première année voit se succéder les compositions à un rythme soutenu, aboutissant à l'enregistrement de l'album éponyme durant l'été 1996.

La période qui suit est moins prolixe mais plus exigeante. Thurne fait le tri, tournant le dos aux influences virtuoses mais vaines et étoffe son répertoire de concert par des reprises ambitieuses. Aurélien Langlois (saxophone alto) se joint au groupe en l'an 2000, la fraîcheur de son jeu formant un contrepoint idéal aux influences coltraniennes de Dup. À nouveau rencontre avec le théâtre Tentacules, haches, couteaux, qui sert de fond sonore à Herakles (Heiner Müller).

La mort du groupe pour cause de départs à l'étranger s'approchant, une dernière séance d'enregistrement a lieu en août 2001. Elle forme le matériel original de l'album posthume. Thurne ne sera probablement jamais réactivé, mais il aura eu une descendance : le collectif Tension hormonale contrôlée

Le style

La musique de Thurne est avant tout modale, la rythmique étant fondée sur la répétition de boucles. On peut parler de semi improvisation collective dans la mesure où il y a eu cristallisation de nombre de passages. À cet égard, un morceau comme Très haut dans le cosmos est tout à fait représentatif. Cela dit, la grille n'est pas complètement absente, et certaines parties comme l'introduction de Tension hormonale contrôlée en attestent. Trois heures cinquante-sept est le seul morceau entièrement fondé sur une progression d'accords si l'on excepte ceux de la première période qui n'ont plus été joués. Les influences du  rock progressif et, dans une certaine mesure, du free jazz se sont fait sentir plus fortement vers la fin  du groupe qu'au tout début.

À de rares exceptions près, chaque morceau se veut comme une sorte de transe partagée entre les musiciens et le public, certains étant même présentés comme des voyages qui sont parfois plutôt vécus comme des téléportations, la découverte d'une nouvelle staticité (Trip dans le haut cachemire).  Pour certains c'est l'évolution qui justifie le morceau, comme dans la  seconde partie de Tension hormonale contrôlée.

Les titres

L'intention originale de Stéphane et Georges était d'évacuer la corvée du nommage des morceaux pour un groupe qui s'annonçait purement instrumental. C'est ainsi que fut adopté le principe systématique qui s'est transformé en coup médiatique involontaire allant même jusqu'à mettre la musique au second plan dans la notoriété du groupe.  La recherche de nouvelles combinaisons est devenue un jeu oulipien qui a occupé les heures perdues de plusieurs dizaines de personnes. Le groupe dispose ainsi en réserve d'une centaine de titres potentiels. Cela dit, il est impossible d'échapper au sens :  la plupart de ces titres ont été choisis tôt dans l'enfance des morceaux, de façon à ne pas les contredire, et il est indéniable qu'ils ont eu une influence non négligeable sur leur évolution.

 

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